Trous d'air peur en avion Fofly

Si vous avez pris plusieurs fois l’avion, vous avez probablement expérimenté des secousses plus ou moins brusques, ressenties dans l’habitacle. Vous les avez peut-être même assimilées à des trous d’air. Ce concept, aussi appelé « poche d’air », préoccupe au plus haut point les victimes de peur en avion. Pourtant, il y a souvent de grandes méprises à son sujet ! Cet article fait le point pour faire toute la vérité sur les trous d’air en avion.

Les idées reçues sur les trous d’air

Les trous d’air, c’est une des idées reçues les plus répandues chez la plupart des voyageurs en avion ! Les secousses horizontales seraient dues à des supposés « trous dans l’air ». Il s’agirait d’une poche de vide dans l’atmosphère qui ferait tomber l’avion de quelques mètres, ou l’aspirerait vers le haut, provoquant un mouvement brusque dans la carlingue. C’est le même phénomène qu’on décrit parfois comme une « poche d’air ».

Les trous d’air, ça existe ?

En fait, pas du tout ! On ne peut pas être plus clair sur le sujet : les trous d’air n’existent pas… C’est physiquement impossible d’avoir une poche de vide dans l’atmosphère terrestre. Il n’y a pas plus de trous d’air dans le ciel que de trous d’eau dans un lac. Le ciel est une masse continue de matière, dans laquelle les avions flottent de façon continue grâce à la finesse (on vous explique le concept en détail à cette adresse).  

Alors, pourquoi beaucoup de personnes croient encore aux trous d’air ? C’est parce que l’expression est particulièrement parlante. Elle incarne un phénomène bien réel, celui des turbulences, qui n’a rien à voir avec des « poches d’air vide ».

Trous d’air vs turbulences en avion

Si les trous d’air n’existent pas, en revanche, on a tous expérimenté des turbulences au cours d’un voyage en avion. Ce sont elles qui provoquent les secousses plus ou moins légères de l’habitacle d’un avion.

Les turbulences sont capables de provoquer un mouvement brusque de l’avion vers le haut, le bas ou les côtés, secouant les passagers et les objets en cabine. Elles sont ressenties fortement par les voyageurs : elles donnent parfois l’impression que l’avion a bougé de plusieurs mètres, ou d’une dizaine de mètres ! Alors qu’il n’en est rien : les turbulences l’altèrent l’avion que de quelques centimètres. Les turbulences les plus importantes (et les plus rares) ne dépassent pas la dizaine de centimètres !

Mais le ressenti est bien là. C’est de là qu’est née la peur des trous d’air, ou poches d’air… D’ailleurs, turbulences et trous d’air sont presque des synonymes dans le langage courant. Pourtant, seules les turbulences existent… Et elles n’ont pas de quoi vous inquiéter, tant que votre ceinture est bien attachée.  

Qu’est-ce que les turbulences ?

Les turbulences sont provoquées par des déplacements des masses d’air dans l’atmosphère. Ces mouvements sont principalement dus aux températures de ces masses : l’air chaud a tendance à monter, et l’air froid à descendre. Parfois, les masses d’air changent de position parce qu’elles rencontrent des reliefs montagneux. Ces phénomènes provoquent des vents en altitude, sur plusieurs centaines ou milliers de kilomètres.

Les turbulences rencontrent l’avion et se ressentent dans la cabine, mais ça n’a rien d’exceptionnel. Malgré le ressenti, les secousses sont en fait très légères ! Elles sont similaires aux soubresauts d’une voiture qui roulerait sur un nid de poule ou sur une route pavée.

Faut-il avoir peur des turbulences ?

En aucun cas ! Les turbulences ne présentent aucun risque pour l’avion. Du biplace au long courrier, tous les avions ont été conçus pour résister à ces évènements de vol parfaitement normaux. D’ailleurs, comme le rappelle Nicolas Coccolo (pilote et formateur sur les stages peurdelavion.fr), « aucun crash n’a jamais eu lieu à cause de turbulences. Elles ne présentent aucun danger, ni pour la carlingue, ni pour les instruments ».

Les trous d’air ou turbulences ne sont pas plus dangereuses que de légères vagues pour un bateau. Au plus, elles provoquent de l’inconfort pour les passagers, c’est pour cela que les pilotes tentent de les éviter au maximum.

A force, ils les connaissent bien : 95% des turbulences sont anticipées avant de décoller, grâce à la préparation météo. Beaucoup sont liées à la zone géographique : on a plus de chances d’en rencontrer dans le sud-est asiatique, en période de mousson, qu’en Europe par exemple.

Le relief montagneux ou les « cuvettes » peuvent provoquer des turbulences, notamment à proximité des aéroports. Ainsi, l’aéroport de Marseille-Marignane est proche d’une montagne qui peut occasionner quelques turbulences au décollage.

Enfin, la sécurité aérienne travaille aussi à améliorer la détection des turbulences. Le pilote parvient déjà à en éviter la plupart. Pour les autres, le seul risque est celui de se blesser si on n’est pas attaché(e). Il vous reste donc à bien fermer votre ceinture pour ne plus rien avoir à craindre des « trous d’air » !